Dans un contexte où les modèles économiques sont de plus en plus exposés à la dégradation des écosystèmes, intégrer la biodiversité ne peut plus relever d’un simple engagement volontaire ou d’une politique RSE périphérique. Pour les entreprises, il s’agit désormais de mieux comprendre leurs dépendances au vivant, d’identifier leurs vulnérabilités, puis de traduire ces constats en décisions concrètes, capables de renforcer leur robustesse à long terme.
C’est dans cette perspective que ForzaCo, aux côtés du consortium Kinomé – Miarakap, a contribué à une mission d’accompagnement portée par CAP Business Océan Indien dans le cadre du programme Business for Biodiversity. Pendant 15 mois, ce dispositif a accompagné des entreprises du sud-ouest de l’océan Indien, notamment dans les secteurs du tourisme et de l’agriculture, afin de les aider à intégrer les enjeux de biodiversité dans leur stratégie, leur modèle d’affaires et leurs pratiques opérationnelles.
L’objectif n’était pas seulement de sensibiliser. Il était de permettre aux entreprises de passer d’une compréhension générale des enjeux à un plan d’action structuré, priorisé et intégré à leurs décisions.
De la prise de conscience au diagnostic stratégique
Le point de départ de l’accompagnement a consisté à objectiver les liens entre chaque entreprise et la biodiversité.
Où sont les dépendances critiques ? Quelles activités exercent le plus de pression sur les écosystèmes ? Quels risques peuvent fragiliser le modèle économique ? Quelles opportunités peuvent au contraire renforcer l’activité, les relations avec les parties prenantes ou la capacité d’investissement ?
Cette première phase a permis d’identifier les enjeux prioritaires par croisement des activités, des chaînes d’approvisionnement, des pressions exercées sur les écosystèmes, des dépendances aux services écosystémiques et des principaux facteurs de risque, en suivant la méthodologie LEAP de la TNFD.
L’enjeu était clair : faire de la biodiversité non pas un sujet extérieur à l’entreprise, mais une grille de lecture stratégique de ses vulnérabilités, de ses choix d’investissement et de sa trajectoire de transformation.
Traduire le diagnostic en feuille de route opérationnelle
Une fois les impacts et dépendances identifiés, le travail s’est concentré sur la construction des plans d’action. Il s’agissait de transformer le diagnostic en feuille de route : prioriser les actions, arbitrer entre court, moyen et long terme, définir les chantiers à engager, puis accompagner les premières étapes de mise en œuvre.
Cette phase est essentielle. Beaucoup d’entreprises comprennent désormais que la biodiversité est un sujet majeur. Mais le passage à l’action reste difficile : manque de données, arbitrages budgétaires, complexité technique, difficulté à embarquer les équipes, ou encore incertitude sur les retours économiques.
Le rôle de l’accompagnement a donc été d’aider les entreprises à rendre leurs décisions plus lisibles : quelles actions sont prioritaires ? Lesquelles réduisent les risques les plus critiques ? Lesquelles créent de la valeur ? Lesquelles peuvent être engagées rapidement sans attendre une transformation complète du modèle ?
Capitaliser pour poursuivre la dynamique
La mission s’est achevée en avril par un atelier final conçu comme un temps de recul, de partage et de projection. L’objectif est de valoriser le chemin parcouru par les entreprises, de faire émerger les enseignements communs, d’identifier les freins récurrents et de consolider les prochaines étapes.
Car l’un des principaux enseignements de cette mission est là : l’intégration de la biodiversité n’est ni un exercice ponctuel, ni un livrable isolé. C’est une trajectoire. Elle demande de la méthode, du dialogue, de la priorisation, mais aussi une capacité à relier les enjeux écologiques aux décisions économiques les plus concrètes.
Faire de la biodiversité un sujet de stratégie
Chez ForzaCo, nous sommes convaincus que les entreprises robustes seront celles qui sauront mieux lire leurs interdépendances avec le vivant. Non pour ajouter une couche de complexité à leur stratégie, mais pour mieux comprendre ce qui conditionne réellement leur capacité à durer.
À travers cette mission avec CAPBOI, l’enjeu a été d’accompagner des entreprises dans ce basculement : passer d’une biodiversité perçue comme un sujet environnemental à une biodiversité comprise comme un sujet de stratégie, de risque, d’investissement et de création de valeur.
Dans un monde où les écosystèmes deviennent des infrastructures critiques, apprendre à les préserver, à les régénérer et à les intégrer dans les modèles d’affaires n’est plus une option. C’est une condition de robustesse.


