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	<title>Développement durable &#8211; ForzaCo</title>
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	<title>Développement durable &#8211; ForzaCo</title>
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		<title>UTMB, Jeux Olympiques… du permis légal au permis social, comment intégrer l&#8217;acceptabilité locale de vos activités ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Adèle Le Bret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Sep 2026 07:34:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Communauté locale]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Social]]></category>
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					<description><![CDATA[À la fin du mois dernier, près de 2 500 coureurs se sont élancés au départ de la course reine de l&#8217;Ultra Trail du Mont Blanc (UTMB), encouragés par un public de près de 100 000 supporters. Depuis 2003, cette course est devenue la référence de l&#8217;ultra trail, attirant les plus grands noms de la...]]></description>
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<p class="kt-adv-heading787_097c89-79 wp-block-kadence-advancedheading" data-kb-block="kb-adv-heading787_097c89-79"><strong>À la fin du mois dernier, près de 2 500 coureurs se sont élancés au départ de la course reine de l&rsquo;Ultra Trail du Mont Blanc (UTMB), encouragés par un public de près de 100 000 supporters. </strong><br><br><strong>Depuis 2003, cette course est devenue la référence de l&rsquo;ultra trail, attirant les plus grands noms de la discipline. Du fait de cette notoriété, l&rsquo;enjeu économique derrière est désormais énorme : l&rsquo;organisation a réalisé plus de 30 millions d&rsquo;euros de chiffre d&rsquo;affaires en 2025. Mais cette montée en puissance est source de critiques, notamment au sein des communautés locales à Chamonix (74). <br><br>Impact environnemental, surfréquentation, explosion des prix… la question de l&rsquo;acceptabilité sociale de l&rsquo;événement se pose inévitablement. Au risque de mettre en danger la pérennité du business model.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;UTMB : une course autant adulée que décriée localement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la commune de 9 000 habitants de Chamonix, les critiques à l&rsquo;encontre de l&rsquo;événement se font de plus en plus vives. Bien que certains le vivent comme une fête, d&rsquo;autres estiment qu&rsquo;il s&rsquo;agit de «&nbsp;la pire semaine de l&rsquo;année&nbsp;». Là où les uns parlent de retombées économiques considérables – estimées à 45 millions d&rsquo;euros sur l&rsquo;ensemble de la vallée – les autres y voient une campagne publicitaire géante pour les marques et déplorent un événement qui va trop loin, dans une course au «&nbsp;toujours-plus&nbsp;», aux dépens de la nature et des populations autochtones. Embouteillages, logements hors de prix, nuisances sonores, épuisement des saisonniers, explosion des quantités de déchets, érosion des sentiers ou encore bilan carbone comparable à celui d&rsquo;un Grand Prix de Formule 1 : autant de critiques qui font perdre à l&rsquo;UTMB le soutien de ses communautés locales. La course a ainsi dépassé les capacités d&rsquo;accueil de son berceau, à tel point que certains commerçants choisissent même de baisser le rideau de leur magasin le temps d&rsquo;une semaine. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Anne Lassman-Trappier, présidente de France Nature Environnement Haute-Savoie et de l&rsquo;association Inspire, affirme que «&nbsp;les habitants de la vallée n’en peuvent plus&nbsp;», dénonçant «&nbsp;Trop de monde, trop d’impacts environnementaux pour ce qui est devenu une grosse machine à fric !&nbsp;». Elle pointe ainsi du doigt la dilution des valeurs initiales portées par l&rsquo;organisation au profit des intérêts économiques, comme le fait le maire de Saint-Gervais et conseiller départemental du Mont-Blanc Jean-Marc Peillex, évoquant une «&nbsp;fuite en avant&nbsp;». Au cœur des critiques, c&rsquo;est l&rsquo;aspect ultra concentré de la fréquentation et des activités dans la vallée de Chamonix pendant l&rsquo;UTMB qui semble être le véritable point de tension, là où le reste des activités sportives et touristiques se répartissent sur un temps plus long au cours de la saison, avec des retombées économiques tout aussi majeures. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que les protestations envers l&rsquo;événement n&rsquo;aient pour l&rsquo;instant pas entraîné de risque social critique pour son organisation, d&rsquo;autres exemples montrent que ce risque est bien réel.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le permis légal d&rsquo;opérer n&rsquo;est pas synonyme de permis social</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas des Jeux Olympiques d&rsquo;hiver de Denver est l&rsquo;un des premiers emblèmes du rejet social d&rsquo;un événement d&rsquo;envergure. En novembre 1972, les habitants de Denver rejetaient largement l&rsquo;organisation des JO dans leur ville lors d&rsquo;un référendum. Ce refus, à l&rsquo;échelle locale et de l&rsquo;État du Colorado, s&rsquo;inscrivait dans la suite logique de mois de protestation, notamment de la part du collectif de résidents Protect Our Mountain Environment (POME), après l’attribution des Jeux de 1976 à la ville de Denver. Les contestataires avançaient comme arguments le coût de ces Jeux, volontairement sous-estimé par l&rsquo;organisation, ainsi que leur impact environnemental. À la suite de ce refus social, les représentants économiques tentèrent de maintenir le projet, avançant que rien ne les empêchait de poursuivre leurs investissements privés, mais l&rsquo;argument de la dette contractée par les précédents organisateurs des JO d&rsquo;hiver a fini d&rsquo;enterrer ce qui se présentait comme les «&nbsp;Jeux économiques&nbsp;», en période de post récession aux États-Unis. Ce cas illustre bien la force de la mobilisation citoyenne face à des acteurs politiques et économiques influents. Lorsqu&rsquo;un projet comme les Jeux Olympiques est aussi dépendant du territoire dans lequel il s&rsquo;inscrit, il devient alors impossible de faire abstraction des enjeux locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;autres projets d’envergure, pourtant porteurs de promesses de retombées économiques importantes pour leur région, ont été contraints d&rsquo;être abandonnés face à la mobilisation citoyenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est le cas du grand projet de liaison entre deux domaines skiables en Maurienne (73), abandonné après de nombreuses contestations des populations locales. Le projet Croix du Sud, ressorti des archives en 2015 après une première version datant des années 80, prévoyait la création de sept nouvelles remontées mécaniques. Face aux «&nbsp;atteintes environnementales exorbitantes&nbsp;» du projet, le comité savoyard de la Fédération Française des Clubs Alpins (FFCAM) avait déposé en 2020 un recours auprès du tribunal administratif. Outre les associations, la Croix du Sud était très décriée au sein de la communauté mauriennaise, que ce soit du point de vue environnemental ou économique. C’est ainsi qu’en juillet 2022, après une première suspension par le tribunal administratif de Grenoble un an auparavant, le projet fût abandonné définitivement. Deux autres projets de grands travaux d’aménagement pour le tourisme furent également revus à la baisse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le territoire : un facteur crucial à prendre en compte pour les entreprises</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Que ce soit pour l&rsquo;UTMB, les JO d&rsquo;hiver ou encore le projet Croix du Sud, les exemples cités montrent que les implications sociales, économiques et environnementales sont inexorablement intriquées. Opposer les deux n&rsquo;a donc pas de sens : le capital économique repose sur la disponibilité du capital naturel, c’est-à-dire la valeur combinée de tout ce qui vient de la nature – sols, air, eau et ensemble des créatures vivantes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La vallée de Chamonix vit en grande partie du tourisme <em>outdoor</em>, grâce à ses paysages époustouflants et aux services écosystémiques rendus par la nature qui la compose. Un service écosystémique est un bénéfice que nous retirons du bon fonctionnement de la nature. C’est un service gratuit, qui peut prendre différentes formes&nbsp;: service d’approvisionnement, de régulation, de support, ou service culturel. Si des événements commerciaux comme l&rsquo;UTMB conduisent à dégrader de manière trop importante les écosystèmes, les services naturels ne seront plus assurés. En particulier les services culturels, qui désignent les bénéfices non matériels que l&rsquo;humanité peut tirer des écosystèmes, comme l’esthétique, l’enrichissement spirituel ou le sport. Par manque d’attractivité, les touristes ne viendront plus, et les retombées économiques en seraient négatives. Par ailleurs, l’argent public investi dans de grands projets d’aménagement touristique ou des événements comme l’UTMB est de l’argent qui n’est pas mis dans la préservation de l’environnement, qui permet à ces activités d’être pérennes. La course au «&nbsp;toujours-plus&nbsp;» est vouée à l’autosabotage, comme le résume bien l’expression de «&nbsp;fuite en avant&nbsp;» utilisée par le maire de Saint-Gervais.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le territoire n&rsquo;est pas juste le lieu où l&rsquo;entreprise exerce son activité : il fait partie de cette activité</strong>. Toute activité économique dépend de la nature, à différents degrés. Les écosystèmes et les personnes qui habitent le territoire sont des parties-prenantes d’un projet, et les entreprises ne peuvent pas en faire abstraction. Construire ou implanter un projet contre un territoire n&rsquo;a donc pas de sens, et cela reviendrait à aller contre son propre projet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le risque social associé à des enjeux économiques et de préservation de l’environnement est ce qu’on appelle un risque de transition pour les entreprises. Ce terme désigne les risques induits par la transition de nos modèles et de notre société vers une économie décarbonée. Le risque social de transition est voué à grandir, dans un monde où le grand public devient de plus en plus exigeant envers le devoir des entreprises de préserver la nature, réclamant des produits et services plus durables. <br><strong>Réorienter son business model est donc clef pour répondre aux enjeux des risques de transition</strong>, afin de ne pas être impacté par ceux-ci et les transformer en réelles opportunités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le résume bien le nouveau maire de Chamonix François-Xavier Laffin à propos de l&rsquo;UTMB, «&nbsp;Le seuil d&rsquo;acceptabilité par les Chamoniards est dépassé&nbsp;». Votre entreprise saura-t-elle rester dans les limites de l&rsquo;acceptabilité sociale et environnementale, permettant à tous et toutes de vivre dans un monde soutenable ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sources</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Bilan</em></strong><em>, 24 août 2026 – La croissance de l’Ultra-Trail du Mont Blanc pose des défis d’organisation à Chamonix</em><br><strong><em>RTL</em></strong><em>, 26 août 2026 – « Fuck UTMB » : bouchons, nuisances sonores et impact sur la nature&#8230; Le ras-le-bol des habitants de Chamonix dérangés par l&rsquo;Ultra-Trail du Mont-Blanc</em><br><strong><em>Mediapart</em></strong><em>, 22 août 2026 – Les dérives de l’Ultra-trail du Mont-Blanc</em><br><strong><em>Sud Radio</em></strong><em>, 25 août 2026 – UTMB : derrière la fête, la colère gronde dans le monde du trail</em><br><strong><em>La relève et la peste</em></strong><em>, 13 novembre 2025 – Le trail : un phénomène de masse devenu un désastre écologique</em><br><strong><em>Banque européenne d’investissement</em></strong><em>, 22 juin 2023 – Qu’est-ce que le capital naturel ?</em><br><strong><em>The Guardian</em></strong><em>, 7 avril 2015 – When Denver rejected the Olympics in favour of the environment and economics</em><br><strong><em>Denver Public Library</em></strong><em>, 20 août 2013 – The Denver That Never Was: 1976 Winter Olympic Games</em><br><strong><em>Montagnes Magazine</em></strong><em>, 5 octobre 2022 – Croix du Sud : abandon du projet de liaison entre Valfréjus et Valmeinier</em><br><strong><em>Montagnes Magazine</em></strong><em>, 1<sup>er</sup> juin 2023 – En Maurienne, plusieurs projets d&rsquo;aménagement majeurs annulés</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Du Népal au Rhône : que se passe-t-il quand les glaciers disparaissent ?</title>
		<link>https://forzaco.fr/du-nepal-au-rhone-que-se-passe-t-il-quand-les-glaciers-disparaissent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Quentin Grill]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 12:59:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
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					<description><![CDATA[Ce qui se passe aujourd’hui au Népal raconte aussi une partie de notre avenir en France. Le recul accéléré des glaciers transforme les équilibres de la haute montagne, mais surtout notre rapport à l’eau. Des glaciers himalayens à ceux des Alpes et des Pyrénées, c’est la même fonction de stockage naturel qui s’affaiblit, avec des...]]></description>
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<p class="kt-adv-heading776_000e37-7b wp-block-kadence-advancedheading" data-kb-block="kb-adv-heading776_000e37-7b"><strong>Ce qui se passe aujourd’hui au Népal raconte aussi une partie de notre avenir en France. Le recul accéléré des glaciers transforme les équilibres de la haute montagne, mais surtout notre rapport à l’eau. Des glaciers himalayens à ceux des Alpes et des Pyrénées, c’est la même fonction de stockage naturel qui s’affaiblit, avec des conséquences très concrètes pour les territoires, les entreprises et les usages du Rhône.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 26 août 2026, une catastrophe d’une ampleur exceptionnelle a frappé l’Himalaya, à la frontière entre le Népal et le Tibet. Sur le versant nord du Langtang Lirung, un gigantesque éboulement rocheux a entraîné avec lui une partie d’un glacier. La masse de roche, de glace et de sédiments s’est précipitée dans la vallée avant de provoquer une crue dévastatrice le long du système fluvial Lhende Khola-Trishuli. Plusieurs jours après la catastrophe, le bilan dépassait 900 morts et des milliers de personnes étaient encore portées disparues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ce stade, les scientifiques restent prudents sur la cause exacte de l’effondrement. Il serait donc faux d’affirmer que le changement climatique a « provoqué » cette catastrophe. Mais nous savons que le réchauffement modifie profondément les conditions de stabilité de la haute montagne : les glaciers reculent, le pergélisol dégèle, certaines parois rocheuses deviennent plus instables et de nouveaux lacs glaciaires apparaissent. Le GIEC considère avec un niveau de confiance élevé que le recul des glaciers et le dégel du pergélisol vont continuer à déstabiliser les pentes et déplacer ou amplifier certains risques de crues, d’avalanches et de glissements de terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui se passe aujourd’hui dans l’Himalaya nous concerne donc bien au-delà de l’émotion provoquée par la catastrophe. Car derrière la question des risques apparaît une transformation beaucoup plus vaste : <strong>celle des immenses réserves d’eau que constituent les glaciers.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Les glaciers de l’Himalaya sont en train de changer d’échelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Himalaya et les chaînes voisines de l’Hindu Kush constituent ce que l’on appelle parfois le « troisième pôle » : le plus grand ensemble de glaciers au monde après l’Arctique et l’Antarctique. Ces réserves alimentent de grands systèmes fluviaux dont dépendent près de deux milliards de personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or leur recul s’accélère. Le rythme de perte de glace dans l’Hindu Kush Himalaya a doublé depuis le début du siècle et, même dans un scénario de réchauffement limité, une part importante de ces glaciers aura disparu d’ici 2100.<br>Le problème n’est pas seulement la quantité d’eau disponible, mais le moment où elle l’est. Un glacier joue un rôle de stockage : il accumule de l’eau sous forme de glace et la restitue notamment pendant les périodes chaudes et sèches.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début, le réchauffement accélère la fonte et peut temporairement augmenter les débits. Puis le glacier devient trop petit pour continuer à fournir autant d’eau : c’est le « peak water ». À partir de ce point, sa contribution aux rivières diminue progressivement.<br>Autrement dit, nous ne perdons pas seulement une réserve d’eau. Nous perdons une capacité naturelle à conserver l’eau lorsqu’elle est abondante et à la restituer lorsqu’elle devient rare.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et cette transformation n’est pas uniquement himalayenne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dans les Alpes et les Pyrénées, la même transformation est déjà en cours</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le changement d’échelle entre l’Himalaya et les montagnes françaises est évidemment immense. Mais le mécanisme physique est le même.<br>Entre 2000 et 2023, les Alpes et les Pyrénées figurent parmi les régions glaciaires ayant subi les pertes relatives les plus fortes au monde, avec environ <strong>40 % de leur volume de glace perdu en un peu plus de vingt ans</strong>.<br>Dans les Pyrénées, la transformation est encore plus spectaculaire lorsqu’on remonte plus loin dans le temps : l’Observatoire pyrénéen du changement climatique estime que les glaciers ont perdu <strong>94,5 % de leur superficie depuis 1850</strong>. Entre le début des années 1980 et 2024, le nombre de glaciers et névés recensés est passé de 93 à 42.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, les pouvoirs publics considèrent désormais qu’au rythme actuel, <strong>il ne restera plus ou presque plus de glaciers à la fin du siècle</strong>. Et contrairement à l’Himalaya, une grande partie des glaciers d’Europe centrale a probablement déjà franchi son « pic d’eau ». Leur contribution supplémentaire aux cours d’eau liée à l’accélération de la fonte est donc désormais appelée à diminuer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela ne signifie évidemment pas que le Rhône va disparaître avec les glaciers alpins, mais cela signifie que l’un des mécanismes qui contribuait à sécuriser son débit pendant les périodes chaudes va progressivement s’affaiblir, au moment même où d’autres composantes du cycle de l’eau se dégradent également.<br>Et c’est là que le sujet devient économique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le vrai sujet : partager une ressource plus contrainte</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Rhône restera un fleuve majeur. Avec un débit moyen d’environ 1 700 m³ par seconde à son embouchure, il est le fleuve le plus puissant de France métropolitaine. Mais son régime change déjà.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre 1960 et 2020, ses débits moyens d’étiage ont diminué de 7 % à la sortie du Léman et de 13 % à Beaucaire. L’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse estime qu’à l’horizon 2055, les débits moyens d’été pourraient encore diminuer d’environ 20 % à Beaucaire, avec des baisses plus fortes sur certains affluents : autour de 40 % pour l’Isère et 30 % pour la Drôme et la Durance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème n’est donc pas seulement de savoir s’il y aura encore de l’eau dans le Rhône. La question est de savoir <strong>qui pourra l’utiliser, quand, et pour quoi</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’agriculture, l’alimentation en eau potable, l’industrie, la production hydroélectrique, le refroidissement des centrales nucléaires, la navigation et les écosystèmes dépendent tous, à des degrés différents, de cette ressource. Or les tensions se concentrent précisément en été, lorsque les besoins augmentent et que les débits diminuent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui déjà, au plus fort de l’été, les prélèvements représentent environ 15 % du volume d’écoulement du Rhône à proximité de son embouchure. Lors d’années exceptionnellement sèches, cette part a pu dépasser 30 %. Selon les projections de l’Agence de l’eau, ce type de situation, aujourd’hui rare, pourrait devenir nettement plus fréquent dans les prochaines décennies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La raréfaction relative de la ressource transforme alors une question environnementale en question d’arbitrage économique et territorial. Qui est prioritaire lors d’une sécheresse sévère ? L’eau potable ? L’agriculture ? Une usine ? Une centrale électrique ? Les écosystèmes nécessaires au bon fonctionnement du fleuve ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont des questions auxquelles les territoires vont devoir répondre de plus en plus souvent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et pour les entreprises ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour une entreprise située à Lyon, Grenoble, Valence ou dans la vallée du Rhône, la disparition d’un glacier peut sembler extrêmement éloignée de son activité quotidienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle ne l’est pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une entreprise dépend directement ou indirectement de l’eau utilisée par ses procédés industriels, de l’électricité disponible, des productions agricoles entrant dans ses approvisionnements, de bâtiments capables de fonctionner pendant les fortes chaleurs, d’infrastructures résistantes aux événements extrêmes et de territoires suffisamment habitables pour attirer et conserver des salariés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première étape consiste donc à sortir d’une vision dans laquelle l’eau n’est qu’une ligne secondaire de la facture d’exploitation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Combien d’eau notre activité consomme-t-elle réellement ? À quelles périodes ? Quelle part est indispensable à la production ? Nos fournisseurs dépendent-ils de bassins déjà en tension ? Que se passe-t-il si une restriction dure trois semaines ? Peut-on réutiliser certaines eaux, modifier un procédé, réduire les pertes ou déplacer certaines consommations dans le temps ? Et quels milieux naturels, nappes, sols, zones humides ou cours d’eau contribuent aujourd’hui à sécuriser cette ressource ?<br>Ce diagnostic conduit ensuite à une adaptation qui ne consiste pas seulement à construire davantage de stockage artificiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Restaurer des zones humides, remettre des rivières en connexion avec leurs nappes alluviales, préserver des sols capables d’infiltrer l’eau, limiter l’imperméabilisation ou restaurer les ripisylves permet également de redonner au territoire une partie de la capacité de régulation que le changement climatique lui fait perdre. L’Agence de l’eau identifie d’ailleurs explicitement plusieurs de ces solutions parmi les réponses nécessaires à l’évolution du Rhône.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Népal n&rsquo;est pas si loin</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui vient de se produire dans l’Himalaya est d’abord une catastrophe humaine. Il faudra encore du temps pour en comprendre précisément tous les mécanismes et déterminer dans quelle mesure le réchauffement a contribué à rendre le terrain plus instable. Mais nous n’avons pas besoin d’attendre cette attribution pour comprendre le signal plus général.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du Népal aux Alpes, la cryosphère se transforme rapidement. Les glaciers reculent, la neige se modifie, le pergélisol dégèle et les régimes des rivières changent. Pendant des siècles, nos territoires et nos économies se sont développés dans un système climatique qui assurait naturellement une partie du stockage et de la régulation de l’eau.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce système est en train de changer.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">S’adapter ne consiste donc pas à essayer de conserver à tout prix les mêmes usages avec moins d’eau. Il s’agit de comprendre quelles activités nous voulons préserver, comment utiliser beaucoup plus efficacement la ressource, comment organiser son partage et comment restaurer les mécanismes naturels qui permettent de la retenir sur nos territoires. La disparition d’un glacier peut sembler lointaine lorsqu’on dirige une entreprise dans la vallée du Rhône.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourtant, elle nous rappelle une réalité très concrète :</strong> <strong>nos économies ne fonctionnent pas à côté du cycle de l’eau. Elles fonctionnent à l’intérieur.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sources</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Reuters</strong>, 27 août 2026 — Nepal’s fatal flash floods<br><strong>Reuters</strong>, 26 août 2026 — What triggered the catastrophic flood on the Nepal-Tibet border?<br><strong>ICIMOD</strong>, 18 mars 2026 — Hindu Kush Himalaya glaciers losing ice at double the rate since 2000, new ICIMOD report confirm<br><strong>GIEC / IPCC</strong> — Special Report on the Ocean and Cryosphere in a Changing Climate, notamment le chapitre 2 : High Mountain Areas<br><strong>Ministère de la Transition écologique</strong> — Impacts du changement climatique : Montagne et Glaciers<br><strong>Observatoire pyrénéen du changement climatique – OPCC</strong> — Origine des données – Criosfera Pirineos<br><strong>Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse</strong> — Étude sur les débits d’étiage du Rhône en baisse sous l’effet du changement climatique</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Canicules, feux : Entreprises, savez-vous vraiment ce que signifie s’adapter au changement climatique ?</title>
		<link>https://forzaco.fr/canicules-feux-entreprises-savez-vous-vraiment-ce-que-signifie-sadapter-au-changement-climatique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Quentin Grill]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Aug 2026 09:04:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
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					<description><![CDATA[Tout le monde, ou presque, sait aujourd’hui ce qu’est un bilan carbone. Nous avons compris qu’il fallait mesurer les émissions de gaz à effet de serre, réduire l’usage des énergies fossiles, transformer les mobilités, les bâtiments et les processus de production.Même si nous sommes encore très loin d’agir à la hauteur du problème, le principe...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="kt-adv-heading757_ef6091-bf wp-block-kadence-advancedheading" data-kb-block="kb-adv-heading757_ef6091-bf"><strong>Tout le monde, ou presque, sait aujourd’hui ce qu’est un bilan carbone. Nous avons compris qu’il fallait mesurer les émissions de gaz à effet de serre, réduire l’usage des énergies fossiles, transformer les mobilités, les bâtiments et les processus de production.</strong><br><strong><br>Même si nous sommes encore très loin d’agir à la hauteur du problème, le principe est désormais connu : pour limiter le changement climatique, nous devons réduire nos émissions de CO₂.<br>C’est ce que l’on appelle <strong>l’atténuation</strong>.</strong><br><strong><br>Mais savons-nous aussi clairement ce que signifie <strong>s’adapter au changement climatique</strong> ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La question devient difficile à éviter. Cet été, la France a connu une canicule historique dès le mois de juin, avec des températures supérieures à 40 °C sur plus de 40 % du territoire. En juillet, les épisodes de chaleur, la sécheresse de la végétation et les incendies ont de nouveau rendu très concrètes les conséquences d’un climat qui se réchauffe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réduire nos émissions doit permettre d’éviter que ces phénomènes deviennent encore plus fréquents et plus intenses. Mais cette réduction ne fera pas disparaître les canicules de l’été prochain, ne reconstituera pas immédiatement les réserves d’eau et ne protégera pas, à elle seule, une forêt déjà fragilisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous devons donc mener deux transformations en parallèle : éviter autant que possible l’aggravation du changement climatique et préparer nos entreprises, nos villes et nos territoires aux conséquences qui sont déjà présentes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">S’adapter ne consiste pas seulement à mieux résister aux crises</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu’une canicule survient, nous installons des climatiseurs. Lorsqu’un incendie se déclenche, nous mobilisons des pompiers, des avions et des moyens de surveillance. Lorsqu’une inondation menace, nous construisons des digues et relevons les murs de protection. Ces réponses sont indispensables. Mais elles interviennent souvent lorsque le territoire est déjà devenu vulnérable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prenons un parallèle avec notre système de santé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quel est le moyen le plus efficace de lutter contre l’obésité : financer toujours davantage de traitements une fois la maladie installée, ou créer en amont les conditions permettant à chacun de pratiquer une activité physique, de bien se nourrir et de vivre dans un environnement favorable à sa santé ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous savons évidemment que les deux sont nécessaires. Il faut soigner les personnes qui en ont besoin, tout en agissant sur les causes qui augmentent le risque pour l’ensemble de la population.<br><br>L’adaptation au changement climatique repose sur la même logique. Nous devons être capables de réagir lorsqu’une canicule, un incendie ou une inondation survient. Mais nous devons surtout transformer nos territoires avant la crise, afin que chaque événement produise moins de dommages.<br>Installer des climatiseurs, mobiliser davantage de pompiers ou construire des digues revient à renforcer notre capacité de traitement. Végétaliser les villes, restaurer les zones humides, préserver des sols capables de retenir l’eau ou diversifier les forêts revient à travailler sur la prévention : rendre nos territoires moins vulnérables avant même que le choc ne se produise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment continuer à travailler lorsque les températures dépassent régulièrement 40 °C ? Comment maintenir une activité industrielle lorsque l’eau devient temporairement indisponible ? Comment protéger des bâtiments, des infrastructures et des salariés face à des incendies plus difficiles à contenir ? Comment préserver l’agriculture, le tourisme ou la production hydroélectrique lorsque les cycles de l’eau et de la neige se modifient ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France prépare désormais ses politiques d’adaptation selon une trajectoire de référence pouvant atteindre <strong>+4 °C en 2100</strong> dans l’Hexagone. Dans un tel scénario, les vagues de chaleur deviendraient plus nombreuses, plus longues et plus intenses. Le risque d’incendie s’étendrait également à une part croissante du territoire, avec des saisons des feux susceptibles de durer un à deux mois supplémentaires dans certaines régions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’adapter, ce n’est donc pas prévoir quelques mesures exceptionnelles pour les jours de crise. C’est transformer progressivement notre manière d’aménager, de produire et d’habiter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">S’adapter ne dispense pas d’atténuer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’adaptation doit avancer de pair avec l’atténuation. Nous devons préparer nos entreprises et nos territoires à un climat plus chaud, tout en continuant à réduire les émissions qui alimentent ce réchauffement. Traiter uniquement les conséquences sans agir sur leurs causes reviendrait à tenter d’éteindre un feu tout en continuant à y jeter de l’essence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La climatisation illustre bien ce risque. Déployée comme réponse systématique aux canicules, elle augmente la consommation d’énergie et rejette à l’extérieur la chaleur extraite des bâtiments. Elle rafraîchit un espace fermé, mais contribue peu à rendre le bâtiment et le territoire réellement adaptés à la chaleur.<br>D’autres solutions sont possibles, notamment en observant la manière dont le vivant régule naturellement sa température.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Harare, au Zimbabwe, l’architecte Mick Pearce s’est ainsi inspiré du fonctionnement des termitières pour concevoir l’Eastgate Centre, un vaste ensemble de bureaux et de commerces. Dans leur habitat, les termites utilisent un réseau complexe de galeries et de cheminées pour faire circuler l’air et maintenir des conditions relativement stables malgré les variations de température extérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le bâtiment ne copie pas la forme d’une termitière, mais certains de ses principes. Il associe protections solaires, forte inertie thermique et conduits de ventilation créant un effet de cheminée : l’air plus frais pénètre par le bas du bâtiment, tandis que l’air chaud remonte et s’évacue par le toit. Des ventilateurs complètent ce dispositif, sans recourir à un système conventionnel de climatisation énergivore. L’Eastgate Centre utilise ainsi environ 90 % d’énergie en moins pour son chauffage et son rafraîchissement que des immeubles de bureaux comparables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément l’intérêt du biomimétisme : ne pas chercher à lutter en permanence contre les conditions extérieures grâce à davantage de machines et d’énergie, mais s’inspirer des stratégies développées par le vivant pour concevoir autrement. Les termitières montrent notamment comment une architecture, par sa structure et par la circulation de l’air qu’elle organise, peut assurer une ventilation efficace sans produire elle-même d’énergie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu n’est donc pas de choisir entre réduire nos émissions et nous préparer aux conséquences du réchauffement. Il faut mener les deux transformations ensemble : limiter l’augmentation future des températures et concevoir dès maintenant des bâtiments, des villes et des territoires capables de fonctionner sous un climat plus chaud.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Alors comment-faire ? <br>Focus sur les services écosystémiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un service écosystémique est un bénéfice que nous retirons du bon fonctionnement de la nature. Une forêt ne produit pas seulement du bois : elle protège les sols, participe au cycle de l’eau, stocke du carbone et rafraîchit localement l’atmosphère. Une zone humide retient une partie des précipitations, atténue certaines crues et restitue progressivement l’eau pendant les périodes sèches. Des arbres en ville créent de l’ombre et réduisent la température ressentie. Des sols vivants absorbent mieux l’eau et résistent davantage à l’érosion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces fonctions existaient bien avant que nous parlions d’adaptation au changement climatique. Mais dans un climat plus chaud, elles deviennent une composante essentielle de notre protection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une ville arborée résiste mieux à une canicule qu’un quartier entièrement minéralisé. Un bassin versant dont les sols et les zones humides sont préservés absorbe mieux les fortes pluies et conserve davantage d’eau pour les périodes sèches. Une forêt composée d’une diversité d’essences, d’âges et de milieux offre davantage de discontinuités face à la propagation du feu qu’un massif uniforme et fragilisé par la sécheresse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La nature n’est donc pas seulement une victime du changement climatique. Lorsqu’elle fonctionne correctement, elle contribue aussi à en limiter les conséquences sur nos territoires et nos activités.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Solutions fondées sur la Nature : restaurer nos protections naturelles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est sur cette idée que reposent les <strong>Solutions fondées sur la Nature</strong>. Elles consistent à protéger, restaurer ou gérer durablement des écosystèmes afin de répondre à des défis comme les canicules, les sécheresses, les inondations, l’érosion ou les incendies, tout en produisant des bénéfices pour la biodiversité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à la chaleur, cela peut signifier préserver les arbres adultes, désimperméabiliser les sols, végétaliser les rues et repenser les bâtiments pour favoriser l’ombre et la circulation naturelle de l’air.<br>Face au manque d’eau, il peut s’agir de restaurer des zones humides, de redonner de l’espace aux cours d’eau, de préserver les haies et de maintenir des sols capables d’absorber les précipitations plutôt que de les évacuer immédiatement.<br>Face aux incendies, l’enjeu consiste notamment à diversifier les peuplements forestiers, à maintenir des espaces ouverts, des zones plus humides et une mosaïque de milieux capables de rompre la continuité du combustible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucune de ces solutions ne supprimera totalement les risques. Une forêt diversifiée peut toujours brûler. Une zone humide ne retiendra pas seule une crue exceptionnelle. Des arbres ne suffiront pas à rendre une ville confortable lors de plusieurs jours à 45 °C. Mais ces écosystèmes peuvent réduire l’intensité des chocs, ralentir leur propagation et limiter leurs conséquences. Ils permettent surtout d’agir avant que la crise ne survienne, plutôt que de concentrer tous nos moyens sur la réparation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et pour les entreprises ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le sujet peut sembler éloigné des préoccupations quotidiennes d’une PME. Pourtant, une entreprise dépend elle aussi de la capacité de son territoire à rester habitable et fonctionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle dépend de salariés capables de travailler malgré les fortes chaleurs, d’un accès régulier à l’eau, de routes et de réseaux qui résistent aux événements extrêmes, de fournisseurs qui continuent à produire et d’un territoire suffisamment attractif pour accueillir des clients et recruter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une entreprise industrielle peut voir sa production interrompue par une restriction d’eau. Un hôtel, un camping ou une station de montagne peut perdre une partie de son activité lorsque les températures, les paysages ou l’enneigement évoluent. Une entreprise agroalimentaire dépend directement de la capacité des sols et des écosystèmes à fournir des matières premières en quantité et en qualité suffisantes. Un entrepôt ou un atelier mal conçu peut devenir difficilement utilisable pendant une canicule.<br>Même une entreprise peu consommatrice de ressources naturelles peut être touchée par les effets du changement climatique à travers ses salariés, ses fournisseurs, ses bâtiments, ses assurances ou ses infrastructures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faire un bilan carbone permet de comprendre comment l’entreprise contribue au changement climatique. <br>Faire un diagnostic d’adaptation permet de comprendre comment le changement climatique peut affecter l’entreprise. Analyser ses dépendances aux services écosystémiques permet enfin d’identifier les fonctions naturelles qui contribuent, souvent silencieusement, à la continuité de son activité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quels événements climatiques pourraient interrompre la production ? À partir de quelle température certains postes deviennent-ils difficiles ou dangereux ? De quelles ressources naturelles les fournisseurs dépendent-ils ? Quels écosystèmes contribuent aujourd’hui à rafraîchir le site, à retenir l’eau ou à protéger le territoire ? Et les décisions de l’entreprise renforcent-elles ces protections ou participent-elles à leur dégradation ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces questions ne relèvent pas d’un engagement environnemental périphérique. Elles permettent de déterminer si le modèle économique restera capable de fonctionner dans des conditions climatiques différentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les entreprises, cela implique de regarder au-delà du site de production et du bilan carbone. Il faut comprendre les dépendances invisibles au territoire, à l’eau, aux sols, aux forêts, aux infrastructures et aux écosystèmes qui rendent l’activité possible.<br>L’enjeu n’est donc plus seulement de savoir comment l’entreprise peut réduire son impact sur le climat, mais aussi comment elle peut continuer à produire, recruter, approvisionner et se développer dans un climat plus chaud.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’adaptation ne consiste pas à protéger l’ancien monde contre chaque nouvelle crise. Elle consiste à construire dès maintenant des modèles économiques et des territoires capables de vivre dans le climat qui arrive.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Comprendre les services écosystémiques à travers le feu de Gironde</title>
		<link>https://forzaco.fr/comprendre-les-services-ecosystemiques-a-travers-le-feu-de-gironde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Quentin Grill]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 09:28:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
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					<description><![CDATA[Le feu qui ravage actuellement la Gironde ne détruit pas seulement des arbres. Il révèle ce que nous perdons lorsque nous simplifions un écosystème jusqu’à le rendre plus vulnérable. Le 22 juillet 2026, un feu se déclare à Saumos, en Gironde. À l’origine, il s’agit d’un départ de feu dans le massif des Landes de...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="kt-adv-heading750_3260e2-52 wp-block-kadence-advancedheading" data-kb-block="kb-adv-heading750_3260e2-52"><strong>Le feu qui ravage actuellement la Gironde ne détruit pas seulement des arbres. Il révèle ce que nous perdons lorsque nous simplifions un écosystème jusqu’à le rendre plus vulnérable.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 22 juillet 2026, un feu se déclare à Saumos, en Gironde. À l’origine, il s’agit d’un départ de feu dans le massif des Landes de Gascogne. Quelques jours plus tard, l’incendie a parcouru environ 42 000 hectares et provoqué l’évacuation préventive de près de 220 000 habitants et touristes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La chaleur, le vent et la sécheresse expliquent évidemment la violence du phénomène. Mais pour comprendre pourquoi le feu a pu progresser avec une telle rapidité, il faut également remonter un siècle et demi en arrière, au moment où l’on a décidé de transformer un vaste territoire de landes humides en une immense forêt de production.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Avant la forêt, il y avait la lande et l’eau</h2>



<p class="wp-block-paragraph">On résume parfois l’histoire des Landes de Gascogne en disant qu’une forêt a été plantée sur un marais. La formule est un peu simplificatrice, mais elle décrit bien la transformation du territoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant le XIXᵉ siècle, le paysage était composé de landes, de pâturages, de zones marécageuses saisonnières, de boisements dispersés et de sols sableux souvent gorgés d’eau pendant l’hiver. Le pin maritime y était déjà présent. Ce qui n’existait pas encore, c’était cette forêt presque continue, organisée à grande échelle autour d’une seule essence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1857, une loi impose l’assainissement et la mise en culture des Landes de Gascogne. Des fossés sont creusés pour évacuer l’eau et rendre les terrains exploitables. Près d’un million d’hectares sont progressivement drainés et plantés, essentiellement en pins maritimes, une espèce locale capable de pousser sur ces sols pauvres et sableux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La transformation est spectaculaire. Le territoire, jusque-là considéré comme improductif, alimente une industrie de la résine, puis une importante filière du bois, du papier et de l’emballage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’un point de vue économique, le modèle fonctionne. Mais il repose sur une simplification radicale du paysage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une forêt ne produit pas seulement du bois</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ici qu’intervient la notion de <strong>service écosystémique</strong>.<br>Un service écosystémique est un bénéfice que les humains retirent du fonctionnement de la nature. Dans une forêt, le plus visible est la production de bois, parce qu’elle peut être récoltée, vendue et inscrite dans un compte de résultat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la forêt assure simultanément de nombreuses autres fonctions. Elle stocke du carbone, protège les sols contre l’érosion, participe au cycle de l’eau, filtre une partie des polluants, régule le microclimat et offre des habitats à de nombreuses espèces. Elle soutient également des activités touristiques, sportives et culturelles, tout en contribuant à l’identité et à l’attractivité d’un territoire.<br>Ces services sont essentiels, mais ils ont une particularité : ils sont rarement facturés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Personne ne reçoit chaque mois la facture de l’eau filtrée par un sol forestier, du carbone conservé dans les arbres ou de la fraîcheur apportée par la végétation. Parce que ces services semblent gratuits, nous finissons souvent par les considérer comme acquis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’au moment où l’écosystème ne peut plus les fournir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand la monoculture rencontre la sécheresse</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La monoculture de pins n’a évidemment pas déclenché l’incendie. En revanche, elle a contribué à créer un paysage dans lequel le feu peut trouver une végétation relativement homogène et continue sur des surfaces considérables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une forêt plus diversifiée, le feu rencontre davantage de variations : des peuplements de feuillus, des arbres d’âges différents, des clairières, des sols plus humides, des zones ouvertes ou des espaces où la végétation est moins combustible. Ces éléments ne rendent pas une forêt incombustible, mais ils peuvent agir comme des ralentisseurs en rompant la continuité du combustible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils forment, en quelque sorte, des <strong>pare-feu naturels</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le terme ne signifie pas que le feu s’arrêterait automatiquement devant un chêne ou une zone humide. Lors d’un incendie extrême, presque tous les milieux peuvent brûler. Mais un paysage composé d’une mosaïque de milieux ne réagit pas partout de la même façon. Le feu peut y perdre de la vitesse, changer d’intensité ou rencontrer des zones plus difficiles à franchir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cette homogénéité du massif s’ajoutent aujourd’hui des conditions climatiques exceptionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France a connu une canicule précoce et intense en juin, puis une deuxième vague de chaleur du 4 au 19 juillet. À Bordeaux, celle-ci s’est traduite par neuf jours consécutifs de canicule entre le 9 et le 17 juillet. Dans le même temps, le manque de précipitations et les fortes températures ont asséché les sols depuis la fin du mois de mai. Au 17 juillet, leur humidité atteignait à l’échelle nationale un niveau inédit aussi tôt dans l’été, inférieur à ceux observés aux mêmes dates en 1976, 2022 et 2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La monoculture fournit une continuité. La sécheresse transforme cette continuité en combustible. Le vent apporte ensuite la vitesse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est la combinaison de ces facteurs, davantage que l’un d’entre eux pris isolément, qui permet à un départ de feu de changer d’échelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce qui brûle n’est pas seulement un stock de bois</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque nous regardons une forêt brûler, nous voyons d’abord des arbres disparaître. Pour les propriétaires et les entreprises de la filière, la perte est immédiate : plusieurs décennies de croissance peuvent être détruites en quelques heures. Sans parler des personnes dont les maisons et habitations ont été dévastées par le feu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le feu affecte également tous les autres services rendus par l’écosystème.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les animaux perdent leurs habitats et leurs zones de reproduction. Les sols, privés de couverture végétale, deviennent plus sensibles à l’érosion et au ruissellement. Le fonctionnement local du cycle de l’eau est perturbé. Le carbone stocké peut être relâché dans l’atmosphère, tandis que la capacité future du territoire à en absorber est réduite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cela s’ajoutent les pertes pour les activités touristiques, les habitants, les collectivités, les assureurs et toutes les entreprises qui dépendent directement ou indirectement de ce territoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’incendie est visible pendant quelques jours. La dégradation des services écosystémiques peut, elle, durer plusieurs années.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La biodiversité : une assurance contre les chocs</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire de la forêt landaise ne raconte pas qu’il ne fallait pas planter de pins maritimes. Cette essence est adaptée au territoire, structure une filière économique majeure et rend elle-même de nombreux services.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle raconte plutôt ce qui se produit lorsque l’on optimise un paysage autour d’une fonction principale — produire du bois — en accordant moins d’importance aux autres fonctions de l’écosystème.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Diversifier les essences ne suffirait pas, à elle seule, à empêcher les incendies. Restaurer les zones humides ne remplacerait ni l’entretien des parcelles, ni les moyens humains, ni les infrastructures de lutte contre le feu. Mais la diversité des espèces, des milieux et des structures forestières évite qu’un même choc rencontre partout les mêmes conditions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément l’un des rôles de la biodiversité : ne pas laisser tout le système réagir de la même manière, au même endroit et au même moment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette leçon dépasse largement la forêt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une entreprise qui dépend d’un fournisseur unique, d’un seul site de production, d’une ressource naturelle fragilisée ou d’une infrastructure sans solution de remplacement ressemble, elle aussi, à un paysage sans rupture. Elle peut être remarquablement performante lorsque tout se déroule comme prévu, mais extrêmement vulnérable lorsque les conditions changent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question n’est donc pas seulement de savoir ce que produit un écosystème. Elle est de comprendre tout ce qu’il rend possible, gratuitement et silencieusement, avant que sa dégradation ne nous oblige à en calculer le coût.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La biodiversité n’est pas un supplément ajouté à la performance. Elle est ce qui empêche la performance de se transformer en fragilité.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Accompagnement d&#8217;entreprises de l&#8217;Océan Indien à l&#8217;intégration stratégique de la biodiversité</title>
		<link>https://forzaco.fr/accompagnement-dentreprises-de-locean-indien-a-lintegration-strategique-de-la-biodiversite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Quentin Grill]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 May 2026 14:10:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://forzaco.fr/?p=710</guid>

					<description><![CDATA[Business Digest by Forza Co accompagne l'équipe leadership de L'Oréal dans l'appropriation de ses nouveaux enjeux, à travers des contenus inspirants et structurés.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="article-chapeau wp-block-paragraph">Dans un contexte où les modèles économiques sont de plus en plus exposés à la dégradation des écosystèmes, intégrer la biodiversité ne peut plus relever d’un simple engagement volontaire ou d’une politique RSE périphérique. Pour les entreprises, il s’agit désormais de mieux comprendre leurs dépendances au vivant, d’identifier leurs vulnérabilités, puis de traduire ces constats en décisions concrètes, capables de renforcer leur robustesse à long terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans cette perspective que ForzaCo, aux côtés du consortium Kinomé – Miarakap, a contribué à une mission d’accompagnement portée par CAP Business Océan Indien dans le cadre du programme Business for Biodiversity. Pendant 15 mois, ce dispositif a accompagné des entreprises du sud-ouest de l’océan Indien, notamment dans les secteurs du tourisme et de l’agriculture, afin de les aider à intégrer les enjeux de biodiversité dans leur stratégie, leur modèle d’affaires et leurs pratiques opérationnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif n’était pas seulement de sensibiliser. Il était de permettre aux entreprises de passer d’une compréhension générale des enjeux à un plan d’action structuré, priorisé et intégré à leurs décisions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la prise de conscience au diagnostic stratégique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le point de départ de l’accompagnement a consisté à objectiver les liens entre chaque entreprise et la biodiversité. <br>Où sont les dépendances critiques ? Quelles activités exercent le plus de pression sur les écosystèmes ? Quels risques peuvent fragiliser le modèle économique ? Quelles opportunités peuvent au contraire renforcer l’activité, les relations avec les parties prenantes ou la capacité d’investissement ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette première phase a permis d’identifier les enjeux prioritaires par croisement des activités, des chaînes d’approvisionnement, des pressions exercées sur les écosystèmes, des dépendances aux services écosystémiques et des principaux facteurs de risque, en suivant la méthodologie LEAP de la TNFD.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu était clair : faire de la biodiversité non pas un sujet extérieur à l’entreprise, mais une grille de lecture stratégique de ses vulnérabilités, de ses choix d’investissement et de sa trajectoire de transformation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Traduire le diagnostic en feuille de route opérationnelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois les impacts et dépendances identifiés, le travail s’est concentré sur la construction des plans d’action. Il s’agissait de transformer le diagnostic en feuille de route : prioriser les actions, arbitrer entre court, moyen et long terme, définir les chantiers à engager, puis accompagner les premières étapes de mise en œuvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette phase est essentielle. Beaucoup d’entreprises comprennent désormais que la biodiversité est un sujet majeur. Mais le passage à l’action reste difficile : manque de données, arbitrages budgétaires, complexité technique, difficulté à embarquer les équipes, ou encore incertitude sur les retours économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rôle de l’accompagnement a donc été d’aider les entreprises à rendre leurs décisions plus lisibles : quelles actions sont prioritaires ? Lesquelles réduisent les risques les plus critiques ? Lesquelles créent de la valeur ? Lesquelles peuvent être engagées rapidement sans attendre une transformation complète du modèle ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Capitaliser pour poursuivre la dynamique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La mission s’est achevée en avril par un atelier final conçu comme un temps de recul, de partage et de projection. L’objectif est de valoriser le chemin parcouru par les entreprises, de faire émerger les enseignements communs, d’identifier les freins récurrents et de consolider les prochaines étapes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car l’un des principaux enseignements de cette mission est là : l’intégration de la biodiversité n’est ni un exercice ponctuel, ni un livrable isolé. C’est une trajectoire. Elle demande de la méthode, du dialogue, de la priorisation, mais aussi une capacité à relier les enjeux écologiques aux décisions économiques les plus concrètes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faire de la biodiversité un sujet de stratégie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Chez ForzaCo, nous sommes convaincus que les entreprises robustes seront celles qui sauront mieux lire leurs interdépendances avec le vivant. Non pour ajouter une couche de complexité à leur stratégie, mais pour mieux comprendre ce qui conditionne réellement leur capacité à durer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers cette mission avec CAPBOI, l’enjeu a été d’accompagner des entreprises dans ce basculement : passer d’une biodiversité perçue comme un sujet environnemental à une biodiversité comprise comme un sujet de stratégie, de risque, d’investissement et de création de valeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un monde où les écosystèmes deviennent des infrastructures critiques, apprendre à les préserver, à les régénérer et à les intégrer dans les modèles d’affaires n’est plus une option. C’est une condition de robustesse.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Rapport mondial sur la biodiversité</title>
		<link>https://forzaco.fr/rapport-mondial-sur-la-biodiversite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Quentin Grill]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Apr 2026 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://forzaco.fr/2026/04/10/rapport-mondial-sur-la-biodiversite/</guid>

					<description><![CDATA[Si vous cherchez le meilleur investissement long terme pour votre entreprise... ce n'est pas bien compliqué, regardez la biodiversité.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="article-chapeau wp-block-paragraph">Si vous cherchez le meilleur investissement long terme pour votre entreprise&#8230; ce n&rsquo;est pas bien compliqué, regardez la biodiversité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dernier rapport IPBES « Business &amp; Biodiversity » le confirme, et met en avant plusieurs messages clefs, dont certains que je retiens particulièrement.</p>



<h3 class="wp-block-heading">1. Aucune entreprise n&rsquo;est « à côté » de la biodiversité</h3>



<p class="wp-block-paragraph">TOUTES dépendent de la nature&#160;: matières premières, eau, pollinisation, stabilité des sols, régulation des risques&#8230; et TOUTES ont un impact, direct ou via la chaîne de valeur.</p>



<h3 class="wp-block-heading">2. Le système actuel pousse encore au mauvais arbitrage</h3>



<p class="wp-block-paragraph">On finance massivement ce qui abîme la nature, avec des flux à impacts négatifs estimés à 7,3 trillions de dollars en 2023, et on sous-finance ce qui la protège, environ 220 milliards de dollars. Dit autrement&#160;: on paye pour se créer du risque, et du risque purement business, pas seulement un risque réputationnel.</p>



<h3 class="wp-block-heading">3. Le « business case » est limpide&#160;: gérer la biodiversité = réduire les risques + ouvrir des opportunités</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a des risques physiques et des risques de transition, mais aussi des risques systémiques, ceux qui finissent par toucher tout le monde, même les secteurs qui se croient loin du sujet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En bref, il faut arrêter de voir la biodiversité et le climat comme un sujet « RSE », non relié à la viabilité business. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un vrai sujet de stratégie, rentabilité et robustesse.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://lnkd.in/eMDwgnd5" target="_blank" rel="noopener">Lire le rapport IPBES « Business &amp; Biodiversity » (version résumée)</a></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
