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	<title>Adèle Le Bret &#8211; ForzaCo</title>
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		<title>UTMB, Jeux Olympiques… du permis légal au permis social, comment intégrer l&#8217;acceptabilité locale de vos activités ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Adèle Le Bret]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Sep 2026 07:34:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Communauté locale]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Social]]></category>
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					<description><![CDATA[À la fin du mois dernier, près de 2 500 coureurs se sont élancés au départ de la course reine de l&#8217;Ultra Trail du Mont Blanc (UTMB), encouragés par un public de près de 100 000 supporters. Depuis 2003, cette course est devenue la référence de l&#8217;ultra trail, attirant les plus grands noms de la...]]></description>
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<p class="kt-adv-heading787_097c89-79 wp-block-kadence-advancedheading" data-kb-block="kb-adv-heading787_097c89-79"><strong>À la fin du mois dernier, près de 2 500 coureurs se sont élancés au départ de la course reine de l&rsquo;Ultra Trail du Mont Blanc (UTMB), encouragés par un public de près de 100 000 supporters. </strong><br><br><strong>Depuis 2003, cette course est devenue la référence de l&rsquo;ultra trail, attirant les plus grands noms de la discipline. Du fait de cette notoriété, l&rsquo;enjeu économique derrière est désormais énorme : l&rsquo;organisation a réalisé plus de 30 millions d&rsquo;euros de chiffre d&rsquo;affaires en 2025. Mais cette montée en puissance est source de critiques, notamment au sein des communautés locales à Chamonix (74). <br><br>Impact environnemental, surfréquentation, explosion des prix… la question de l&rsquo;acceptabilité sociale de l&rsquo;événement se pose inévitablement. Au risque de mettre en danger la pérennité du business model.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;UTMB : une course autant adulée que décriée localement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la commune de 9 000 habitants de Chamonix, les critiques à l&rsquo;encontre de l&rsquo;événement se font de plus en plus vives. Bien que certains le vivent comme une fête, d&rsquo;autres estiment qu&rsquo;il s&rsquo;agit de «&nbsp;la pire semaine de l&rsquo;année&nbsp;». Là où les uns parlent de retombées économiques considérables – estimées à 45 millions d&rsquo;euros sur l&rsquo;ensemble de la vallée – les autres y voient une campagne publicitaire géante pour les marques et déplorent un événement qui va trop loin, dans une course au «&nbsp;toujours-plus&nbsp;», aux dépens de la nature et des populations autochtones. Embouteillages, logements hors de prix, nuisances sonores, épuisement des saisonniers, explosion des quantités de déchets, érosion des sentiers ou encore bilan carbone comparable à celui d&rsquo;un Grand Prix de Formule 1 : autant de critiques qui font perdre à l&rsquo;UTMB le soutien de ses communautés locales. La course a ainsi dépassé les capacités d&rsquo;accueil de son berceau, à tel point que certains commerçants choisissent même de baisser le rideau de leur magasin le temps d&rsquo;une semaine. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Anne Lassman-Trappier, présidente de France Nature Environnement Haute-Savoie et de l&rsquo;association Inspire, affirme que «&nbsp;les habitants de la vallée n’en peuvent plus&nbsp;», dénonçant «&nbsp;Trop de monde, trop d’impacts environnementaux pour ce qui est devenu une grosse machine à fric !&nbsp;». Elle pointe ainsi du doigt la dilution des valeurs initiales portées par l&rsquo;organisation au profit des intérêts économiques, comme le fait le maire de Saint-Gervais et conseiller départemental du Mont-Blanc Jean-Marc Peillex, évoquant une «&nbsp;fuite en avant&nbsp;». Au cœur des critiques, c&rsquo;est l&rsquo;aspect ultra concentré de la fréquentation et des activités dans la vallée de Chamonix pendant l&rsquo;UTMB qui semble être le véritable point de tension, là où le reste des activités sportives et touristiques se répartissent sur un temps plus long au cours de la saison, avec des retombées économiques tout aussi majeures. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que les protestations envers l&rsquo;événement n&rsquo;aient pour l&rsquo;instant pas entraîné de risque social critique pour son organisation, d&rsquo;autres exemples montrent que ce risque est bien réel.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le permis légal d&rsquo;opérer n&rsquo;est pas synonyme de permis social</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas des Jeux Olympiques d&rsquo;hiver de Denver est l&rsquo;un des premiers emblèmes du rejet social d&rsquo;un événement d&rsquo;envergure. En novembre 1972, les habitants de Denver rejetaient largement l&rsquo;organisation des JO dans leur ville lors d&rsquo;un référendum. Ce refus, à l&rsquo;échelle locale et de l&rsquo;État du Colorado, s&rsquo;inscrivait dans la suite logique de mois de protestation, notamment de la part du collectif de résidents Protect Our Mountain Environment (POME), après l’attribution des Jeux de 1976 à la ville de Denver. Les contestataires avançaient comme arguments le coût de ces Jeux, volontairement sous-estimé par l&rsquo;organisation, ainsi que leur impact environnemental. À la suite de ce refus social, les représentants économiques tentèrent de maintenir le projet, avançant que rien ne les empêchait de poursuivre leurs investissements privés, mais l&rsquo;argument de la dette contractée par les précédents organisateurs des JO d&rsquo;hiver a fini d&rsquo;enterrer ce qui se présentait comme les «&nbsp;Jeux économiques&nbsp;», en période de post récession aux États-Unis. Ce cas illustre bien la force de la mobilisation citoyenne face à des acteurs politiques et économiques influents. Lorsqu&rsquo;un projet comme les Jeux Olympiques est aussi dépendant du territoire dans lequel il s&rsquo;inscrit, il devient alors impossible de faire abstraction des enjeux locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;autres projets d’envergure, pourtant porteurs de promesses de retombées économiques importantes pour leur région, ont été contraints d&rsquo;être abandonnés face à la mobilisation citoyenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est le cas du grand projet de liaison entre deux domaines skiables en Maurienne (73), abandonné après de nombreuses contestations des populations locales. Le projet Croix du Sud, ressorti des archives en 2015 après une première version datant des années 80, prévoyait la création de sept nouvelles remontées mécaniques. Face aux «&nbsp;atteintes environnementales exorbitantes&nbsp;» du projet, le comité savoyard de la Fédération Française des Clubs Alpins (FFCAM) avait déposé en 2020 un recours auprès du tribunal administratif. Outre les associations, la Croix du Sud était très décriée au sein de la communauté mauriennaise, que ce soit du point de vue environnemental ou économique. C’est ainsi qu’en juillet 2022, après une première suspension par le tribunal administratif de Grenoble un an auparavant, le projet fût abandonné définitivement. Deux autres projets de grands travaux d’aménagement pour le tourisme furent également revus à la baisse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le territoire : un facteur crucial à prendre en compte pour les entreprises</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Que ce soit pour l&rsquo;UTMB, les JO d&rsquo;hiver ou encore le projet Croix du Sud, les exemples cités montrent que les implications sociales, économiques et environnementales sont inexorablement intriquées. Opposer les deux n&rsquo;a donc pas de sens : le capital économique repose sur la disponibilité du capital naturel, c’est-à-dire la valeur combinée de tout ce qui vient de la nature – sols, air, eau et ensemble des créatures vivantes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La vallée de Chamonix vit en grande partie du tourisme <em>outdoor</em>, grâce à ses paysages époustouflants et aux services écosystémiques rendus par la nature qui la compose. Un service écosystémique est un bénéfice que nous retirons du bon fonctionnement de la nature. C’est un service gratuit, qui peut prendre différentes formes&nbsp;: service d’approvisionnement, de régulation, de support, ou service culturel. Si des événements commerciaux comme l&rsquo;UTMB conduisent à dégrader de manière trop importante les écosystèmes, les services naturels ne seront plus assurés. En particulier les services culturels, qui désignent les bénéfices non matériels que l&rsquo;humanité peut tirer des écosystèmes, comme l’esthétique, l’enrichissement spirituel ou le sport. Par manque d’attractivité, les touristes ne viendront plus, et les retombées économiques en seraient négatives. Par ailleurs, l’argent public investi dans de grands projets d’aménagement touristique ou des événements comme l’UTMB est de l’argent qui n’est pas mis dans la préservation de l’environnement, qui permet à ces activités d’être pérennes. La course au «&nbsp;toujours-plus&nbsp;» est vouée à l’autosabotage, comme le résume bien l’expression de «&nbsp;fuite en avant&nbsp;» utilisée par le maire de Saint-Gervais.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le territoire n&rsquo;est pas juste le lieu où l&rsquo;entreprise exerce son activité : il fait partie de cette activité</strong>. Toute activité économique dépend de la nature, à différents degrés. Les écosystèmes et les personnes qui habitent le territoire sont des parties-prenantes d’un projet, et les entreprises ne peuvent pas en faire abstraction. Construire ou implanter un projet contre un territoire n&rsquo;a donc pas de sens, et cela reviendrait à aller contre son propre projet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le risque social associé à des enjeux économiques et de préservation de l’environnement est ce qu’on appelle un risque de transition pour les entreprises. Ce terme désigne les risques induits par la transition de nos modèles et de notre société vers une économie décarbonée. Le risque social de transition est voué à grandir, dans un monde où le grand public devient de plus en plus exigeant envers le devoir des entreprises de préserver la nature, réclamant des produits et services plus durables. <br><strong>Réorienter son business model est donc clef pour répondre aux enjeux des risques de transition</strong>, afin de ne pas être impacté par ceux-ci et les transformer en réelles opportunités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le résume bien le nouveau maire de Chamonix François-Xavier Laffin à propos de l&rsquo;UTMB, «&nbsp;Le seuil d&rsquo;acceptabilité par les Chamoniards est dépassé&nbsp;». Votre entreprise saura-t-elle rester dans les limites de l&rsquo;acceptabilité sociale et environnementale, permettant à tous et toutes de vivre dans un monde soutenable ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sources</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Bilan</em></strong><em>, 24 août 2026 – La croissance de l’Ultra-Trail du Mont Blanc pose des défis d’organisation à Chamonix</em><br><strong><em>RTL</em></strong><em>, 26 août 2026 – « Fuck UTMB » : bouchons, nuisances sonores et impact sur la nature&#8230; Le ras-le-bol des habitants de Chamonix dérangés par l&rsquo;Ultra-Trail du Mont-Blanc</em><br><strong><em>Mediapart</em></strong><em>, 22 août 2026 – Les dérives de l’Ultra-trail du Mont-Blanc</em><br><strong><em>Sud Radio</em></strong><em>, 25 août 2026 – UTMB : derrière la fête, la colère gronde dans le monde du trail</em><br><strong><em>La relève et la peste</em></strong><em>, 13 novembre 2025 – Le trail : un phénomène de masse devenu un désastre écologique</em><br><strong><em>Banque européenne d’investissement</em></strong><em>, 22 juin 2023 – Qu’est-ce que le capital naturel ?</em><br><strong><em>The Guardian</em></strong><em>, 7 avril 2015 – When Denver rejected the Olympics in favour of the environment and economics</em><br><strong><em>Denver Public Library</em></strong><em>, 20 août 2013 – The Denver That Never Was: 1976 Winter Olympic Games</em><br><strong><em>Montagnes Magazine</em></strong><em>, 5 octobre 2022 – Croix du Sud : abandon du projet de liaison entre Valfréjus et Valmeinier</em><br><strong><em>Montagnes Magazine</em></strong><em>, 1<sup>er</sup> juin 2023 – En Maurienne, plusieurs projets d&rsquo;aménagement majeurs annulés</em></p>



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